BIM en France: l’accélération

March 30, 2016

 Le BIM en Europe est à la traîne. Le taux d’adoption du BIM était de 36% en 2010 alors qu’il était de 59% aux USA.

 

Une récente étude de 2015 donne la France à un niveau d’adoption de 24% pour un BIM de niveau de maturité 2, derrière les Royaumes Unis à 41%.

 

Face aux enjeux de productivité et de compétitivité, la communauté européenne ne s’y est pas trompée et s’est prononcée par la directive 2014/24/UE vers une incitation aux états membres à forcer un peu les choses.

 

En France, la loi Pinel reprend cette incitation par une obligation à se conformer à ces méthodes dans les marchés publics à partir de 2017 et a lancé les « Plans sur le numérique et la transition énergétique pour le bâtiment ».

 

Evidemment, ces dispositions ont mis sous pression l’écosystème de la construction qui s’organise au travers de bon nombre d’initiatives collectives privées et publiques.

 

N’oublions pas la gestion du patrimoine

 

En effet, le coût du bâtiment se situe pour les 9/10eme dans son exploitation. L’administration, la maintenance, la transformation et le démantèlement de ceux-ci sont autant de sujets où le BIM apporte son lot d’améliorations.

 

La première obligation fixée par la loi s’adresse implicitement à ceux du domaine public qui ont la lourde tâche d’en gérer l’immense patrimoine. En effet, en tant que prescripteurs, ils devront les premiers inclure à leurs cahiers des charges les exigences de ces méthodes qu’ils souhaitent  retrouver appliquées à leurs besoins.

 

On observe d’ailleurs une nette augmentation de cahier des charges dans les appels d’offres officiels qui incluent les exigences classiquement liées au BIM.

 

Les FMers (facility managers en anglais, gestionnaires du patrimoine en français),   du domaine public comme du privé, alléchés par les multiples possibilités du BIM dans la phase d’exploitation, ont multipliés les expériences et les projets tests.

 

A ce titre, la lecture du « Livre blanc Maquette numérique et gestion patrimoniale » réalisé à la demande de la Caisse des Dépôts apporte des exemples concrets et très instructifs.

 

Il est important pour le milieu de la construction de bien comprendre les enjeux de leurs clients afin d’être en phase avec leurs attentes.

 

Le BIM pour les Facility Managers: pourquoi?

 

Mais au fait, outre les bénéfices du BIM durant les phases de design et de construction, quels sont les avantages attendus par les FMers dans l’exploitation du BIM? On comprend assez vite que les aspects suivants se verront grandement facilité et leurs productivités accrues:

 

  • Réduction des coûts et du temps d’acquisition des données. 

  • Réduction de l’usage du papier avec les avantages liés: rapidité d’accès aux informations, stockage des données moins volumineux, partage facilité.

  • Réduction du temps de traitement et du coût de gestion des problèmes techniques.

  • Optimisation de l’utilisation des locaux: une bonne vue globale du parc immobilier permet de dépister les surfaces sur ou sous utilisées.

  • Facilité de gestion des mouvements, des déménagements. 

  • Baisse du coûts des prestations de transformation de l’immobilier: en effet, avec une maquette numérique existante et à jour, les opérations de métrage, repérage et recueil de l’existant sont grandement diminuées. 

  • Rapidité d’analyse des surfaces de tous les types (SHON, SHOB, SHAB, SHONrt, SDP, …)

 

Même si ces avantages se conçoivent intuitivement, il est bon de jeter un oeil aux premières données de ROI (retour sur investissement) dont nous disposons grâce aux pays plus avancés sur le sujet du BIM. Les études de « l’IFMA foundation » aux USA, donnent de multiples exemples documentés et chiffrés. 

 

On citera par exemple le cas d’un ensemble de bâtiment de 120 000 m2  pour lequel la numérisation  des données patrimoniales après construction a amené une économie de 0,56$ / m2 / an. Soit pas moins de 67 000$ d’économie par an pour un ROI atteint en 1,57 année.

 

Le livre « BIM for facility managers » amène un bon nombre de cas d’études et de bonnes pratiques sur ce sujet.

 

Retrofit vers le BIM

 

Face à ces multiples avantages et ces nombreux cas concrets de succès, la question de la pertinence du retrofit des informations des bâtiments déjà construits vers des modèles BIM se pose.

 

Plusieurs initiatives française, en particulier du domaine public ont toutes aboutis aux conclusions suivantes:

 

  • La numérisation du patrimoine et sa valorisation constante sont des démarches de stratégie d’entreprise et réclame l’implication de la direction. En effet, son impact sur l’organisation de l’entreprise réclame l’engagement de la direction au même titre qu’une démarche qualité par exemple.

  • La numérisation du patrimoine doit aboutir à un référentiel unique, susceptible d’évoluer dans le temps et aux interfaces suffisamment polymorphes pour servir efficacement l’ensemble des acteurs de la gestion du patrimoine.

  • La maquette numérique en 3D est le point central de la communication entre la gestion de patrimoine et ses interlocuteurs et fédère plus facilement l’ensemble des informations physiques du patrimoine.

 

Sur ce dernier point, la technologie a beaucoup évolué pour une mise à disposition plus facile de la 3D pour des constructions dont le design n’avait été porté que par la 2D.

 

En particulier, on citera l’utilisation des scanners 3D qui permettent à partir des nuages de points qu’ils fournissent de recréer avec fiabilité, facilement et a un prix attractif le modèle 3D qui sera la base de partage des données du BIM pour les acteurs de la gestion du patrimoine.

 

L’accélération du BIM

 

Comme nous venons de l’expliquer, l’intérêt du BIM pour les FMers réside aussi dans son utilisation pour les bâtiments existants. Il ne faut donc pas s’étonner du nombre de sollicitations grandissantes du domaine public comme du privé à la mise sous BIM du patrimoine déjà construit. 

 

Grâce aux technologies d'acquisition digitales 3D qui en baissent les coûts, les chantiers de rétro modélisation se multiplient donc et s’accélèrent augmentant bien plus vite que prévu les cas où les prestataires devront utiliser le BIM.

 

Si vous n’ êtes pas encore "BIM", ne pensez donc pas que la progression vers ces standards sera lente, en effet, très bientôt les constructions existantes viendront largement multiplier le parc des cas soumis au BIM.

 

Vous devrez donc utiliser le BIM pour tous vos travaux de transformation, modernisation, maintenance ou entretien au même titre que pour les travaux de construction. Pour vous il y a donc une certaine urgence.

 

 

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L'auteur

 

Gilles Sageaux

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